ALTHUSSER SOLO - CIE LES TROIS-HUIT - 2006

Althusser solo / Guy Naigeon / Les Trois-Huit

 ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin  ©Suzanne Guillemin

Louis Althusser écrit L’avenir dure longtemps pour reprendre la parole, lever le silence d’un « non-lieu » psychiatrique qui, au delà du meurtre d’Hélène, obère toute sa vie. Dire ce texte au théâtre, ce n’est pas reconstituer publiquement la scène intime d’un aveu, c’est, après le livre, redonner un lieu à cette prise de parole, un lieu surtout qui ma mette en jeu. Dans le même mouvement de théâtre, l’acteur présente Althusser, et celui-ci s’absente dans l’acteur. Au théâtre, le corps et le voix de l’acteur sont des « lieux » trop singuliers pour que Louis Althusser trouve à s’y réincarner d’une manière ou d’une autre, des lieux trop inconvenants pour porter directement la voix du philosophe. L’acteur qui dit ce texte où un philosophe pense à sa folie et expose la pensée d’un fou, le l’incarne pas, l’acteur « folisophe », il se tient à distance de tout pathos indentificatoire, il cherche d’abord à produire du jeu, des liens entre texte, folie et jeu, et il porte la parole comme un montage où entendre tour à tour les différents registres d’une voix : intime, professorale, réflexive, auto-ironique, référentielle, obsessionnelle… De nombreuses images d’Althusser arrivent sur la scène, elles se disputent le sujet, dans un ordre où les ruptures de ton, les hiatus, les détours, les ellipses empêchent toute identification avec une figure univoque. L’intellectuel, le communiste, le maître, l’amoureux, le militaire en captivité, l’enfant, le passionné de football, autant de facettes d’un sujet qui éprouve sa lucidité jusqu’au vertige. Ainsi l’acteur « folisophique » cherche-t-il à exposer l’énigme de cette vie plus qu’à en rendre compte. De la vie d’Althusser, à travers son texte, il se donne une chance de rejoindre et montrer la dimension de désordre, d’interruption, et la quête personnelle d’in-existence. En écho peut-être à sa propre quête du théâtre… Vincent Bady
Althusser, Louis / 1918-1990 : philosophe français, né à Birmandreis (Algérie), le 16 octobre 1918, mort à la Verrière (France), le 22 octobre 1990. In Le siècle rebelle, dictionnaire e la contestation au XXè siècle, Larousse, 1999.

« Le 16 novembre 1980, le philosophe Louis Althusser, dans un moment de démence, assassinait sa femme Hélène par strangulation. Chaque terme de cet énoncé possède un sens et pourtant, pris ensemble, ils constituent une énigme : énigme pour le meurtrier lui-même, pour ses disciples, pour ses lecteurs, ses amis, ses ennemis et ses contradicteurs. En 1985, Althusser écrivit très vite une longue autobiographie qui ne parut qu’après sa mort. Œuvre sans précédent dans l’histoire de la philosophie pour un acte sans précédent de la part d’un philosophe, un meurtre. » Eric Marty, Louis Atlhusser, un sujet sans procès.

Distribution

D’après l’autobiographie de Louis Althusser L’avenir dure longtemps, Stok-IMEC éditeurs
Mise en Scène : Guy Naigeon
Jeu : Vincent Bady
Lumière : Yoann Tivoli